
Commençons par un préambule : en effectuant quelques recherches pour la rédaction de cette note, je constate que Détruire tous les monstres, pourtant sorti en 2021 chez Pocket, va reparaître chez le même éditeur cette année sous le nom Nous avons vendu nos âmes (traduction littérale du titre anglais). Je m’en tiendrai à ma version, celle de 2021, mais de quoi est-il question ? De musique qui sent la bière, les cheveux longs et la distorsion : de metal. La protagoniste, Kris, a connu un début de succès dans sa jeunesse avec son groupe Dürt Würk. Ils auraient pu devenir vraiment célèbres, jusqu’à ce qu’ils fichent tout par terre lors d’une nuit dont personne ne conserve de souvenir clair. Elle travaille maintenant à l’accueil d’un hôtel miteux et traîne avec elle son ennui et sa précarité. Un jour, on annonce le retour fracassant de Koffin, la formation de son chanteur, devenu une star mondiale après l’avoir trahie. Kris décide alors de reprendre contact avec d’anciens membres du groupe.

L’auteur américain Grady Hendrix (dont c’est le cinquième roman) semble être un habitué des récits d’horreur. Détruire tous les monstres est ainsi un thriller horrifique qui m’a parfois rappelé la série britannique Utopia de par sa tonalité conspirationniste et paranoïaque. J’entends par là que ça peut être difficile de déterminer si les personnages déconnent plein tube ou s’il y a bel et bien quelque chose qui cloche. À côté de ça, il est bien sûr énormément question de musique (les amateurs et amatrices de metal seront enchantés) et surtout de sincérité créative, de jusqu’où un.e artiste est prêt.e à aller pour enfin connaître le succès (vendre son âme par exemple ? Et à quel prix ?). Pour porter cette histoire, l’auteur a écrit des personnages intéressants (en premier lieu sa protagoniste quadragénaire abimée par la vie). Les chapitres sont assez courts, entrecoupés d’extraits radiophoniques qui donnent du contexte et incitent à tourner les pages encore et encore. C’est en résumé un livre très réussi, violent par moment et profondément amoureux du metal auquel il rend un bien bel hommage.
Titre original : We Sold Our Souls / Sortie originale (anglais) : 2018 / Version française : 2020 (traduction : Héloïse Esquié)
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- Le groupe Slayer, dont il est parfois question dans ce livre, en concert en 2009 (crédits photo : By Mdnghtshdw - Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20114187)