La huitième fille - couverture

Voyant sa mort approcher, un mage se rend dans un village perdu des montagnes où le huitième fils d’un huitième fils s’apprête à naître : il va lui transmettre ses pouvoirs. La chose faite, on réalise que le fils est en fait une fille, ce qui pose problème car il est bien connu que les filles ne peuvent pas devenir mages. C’est comme ça. Alors qu’Eskarina grandit et fait montre de pouvoirs incontrôlés, elle est confiée à Mémé Ciredutemps, sorcière truculente qui va se charger de son éducation magique. Pourquoi ne pas en faire une sorcière, à défaut d’une mage ? Et pourtant, Esk a bien l’intention de devenir mage envers et contre toutes les traditions patriarcales. Même Mémé Ciredutemps (qui n’est pas n’importe qui) ne pourra pas l’empêcher, à huit ans, de se rendre à la grande ville d’Ankh-Morpork pour frapper à la porte de l’Université de l’Invisible.

La thématique de La huitième fille est évidente et soulignée par un titre anglais au jeu de mot intraduisible (“Equal rites”) : Terry Pratchett joue avec des thématiques féministes, se moquant des traditions soi-disant immuables et bien pratiques pour éloigner les femmes de certains lieux. Comme ce n’est que le troisième tome des Annales du Disque-monde (que je continue de découvrir lentement et dans le désordre), on sent encore quelques tâtonnements et tout n’est pas encore en place, mais on retrouve déjà avec beaucoup de plaisir l’écriture de l’auteur britannique et sa capacité à écrire de formidables personnages, des plus jeunes aux plus âgés. Peut-être la dernière partie est-elle un peu précipitée, les péripéties s’y enchaînant à un rythme très (trop ?) soutenu sans qu’on sache où donner de la tête. La huitième fille a toutefois le mérite d’entamer le sous-cycle des sorcières et de nous introduire Mémé Ciredutemps, et rien que pour ça il vaut le coup.

Titre original : Equal Rites / Sortie originale (anglais) : 1987 / Version française : 1994 (traduction : Patrick Couton)