Couverture de La Miséricorde de l'ancillaire

C’est l’heure de clôturer Les Chroniques du Radch, cycle de space opera paru au milieu des années 2010 et signé de l’Américaine Ann Leckie. La Miséricorde de l’ancillaire commence quelques jours après la fin du tome précédent (L’épée de l’ancillaire) et la majeure partie de l’histoire tourne à nouveau autour de la station spatiale Athoek et de ses habitants. On y retrouve les personnages que nous connaissons (ainsi que leurs états d’âme) mais des petits nouveaux aux caractères bien marqués font leur apparition (l’un.e est gentiment sarcastique et l’autre complètement loufoque : un renouvellement bienvenu). En tout cas on reprend vite nos marques : il est toujours autant question de dynamiques de pouvoir, de thé, de coutumes strictes et de hiérarchies sociales. Le tout dans le contexte plus général d’un empire radchaaï en pleine guerre interne et la menace latente d’une espèce alien toute puissante.

Comme précédemment, c’est dense et potentiellement ardu à suivre. Même si Ann Leckie semble avoir fait son possible pour introduire un maximum de rappels aux événements passés, mieux vaut ne pas s’y lancer trop à froid au risque d’être un peu perdu. Dans l’ensemble, je trouve d’une part que malgré des choix audacieux (ou peut-être grâce à eux) ce roman est une belle conclusion pour ce cycle, d’autre part que ce dernier mériterait bien une place aux côtés des grands anciens de la science-fiction en termes de notoriété auprès d’un public plus large. Il y a tout ce qu’il faut dedans : du voyage dans l’espace, de la bagarre, des robots, de grandes questions éthiques, des aliens, un vieil ordre social à abattre et j’en passe. C’est aussi profondément moderne dans son traitement des enjeux de genre, qui ne sont tout simplement pas un sujet dans cet univers, ce qui est si rafraîchissant.

Titre original : Ancillary Mercy / Sortie originale (anglais) : 2015 / Version française : 2016 (traduction : Patrick Marcel)