La serpe - couverture

Après La petite femelle, récit - que j’ai beaucoup aimé - dans lequel Philippe Jaenada revient en détail sur la vie et la condamnation pour meurtre de Pauline Dubuisson dans les années 1950, l’auteur français a continué sur sa lancée avec La serpe en 2017. On retourne d’ailleurs plus ou moins à la même époque, car il s’agit cette fois d’un triple assassinat à la serpe (ça saigne) survenu en 1941, dans un château situé en zone libre, à Escoire (près de Périgueux). Celui que tout accuse, c’est Henri Girard, seul survivant de la tuerie. C’est lui qui appelle à l’aide après avoir retrouvé Georges (son père), Amélie (sa tante) et Louise (leur domestique) baignant dans leur sang. Alors que tout est contre lui, il est pourtant acquitté (après tout de même dix-huit mois passés en prison), grâce notamment à un ténor du barreau chargé de sa défense, Maurice Garçon. Mais pour beaucoup, ça ne fait pas un pli : c’est bien lui le coupable.

Château d'Escoire - Par Père Igor - Travail personnel

Dans La serpe, pavé de 635 pages, Philippe Jaenada fait ce qu’il sait faire : revenir avec force détails sur la vie - avant et après le crime - d’Henri Girard. On saura tout sur son caractère, ses fréquentations, sa famille, ses goûts et tout ce qu’une fouille exhaustive dans l’existence d’une personne peut offrir. Il faut dire que Henri s’est fait connaître, après son acquittement, comme écrivain renommé et défenseur de l’indépendance de l’Algérie : il a laissé des traces. Philippe Jaenada nous raconte aussi le contexte de l’époque (l’occupation, les privations, Vichy, etc) et s’implique personnellement en se rendant sur place. Nous avons ainsi droit au récit de son séjour à Périgueux, qui s’intercale avec l’histoire d’Henri. Et bien sûr, il ne lésine pas sur les digressions, les verres de whisky et les déclarations d’amour à sa femme et à son fils. Dans l’ensemble, c’est super : je me suis fait trimbaler dans un sens et dans l’autre comme un vieux chiffon. Philippe Jaenada nous embarque et sait soigner ses effets. Par contre, je ne peux pas nier que sur la fin c’était un peu long, et que connaître absolument TOUS les détails de l’affaire a pu me lasser, surtout à partir du moment où la conclusion (car il y en a bien une, en tout cas l’auteur en propose une) est devenue claire.

Sortie : 2017

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