Les fantômes du lac - couverture

Avec ce roman, nous prenons la direction d’un bled perdu de la Marne. Tous les commerces ont fichu le camp, ne reste qu’un EHPAD de bonne réputation. En plus d’être un modèle quant au traitement de ses patients, cet établissement a une particularité : il est hanté, en particulier par les fantômes de deux fillettes dramatiquement décédées à la fin des années 1970. Lorsque la journaliste indépendante Manon Gauthier-Faure entend parler de cette histoire, elle décide d’enquêter et de se rendre sur place, ce qui signifie rencontrer les habitants, recueillir leurs témoignages, voire rechercher des documents officiels. On pourrait penser à la démarche d’Adèle Yon dans Mon vrai nom est Elizabeth, mais détrompons-nous : ce sont deux livres très différents (notamment, on le constate vite, parce que les recherches menées par les autrices n’aboutissent pas du tout au même genre de résultat).

Dans Les fantômes du lac, la question des fantômes n’est jamais tranchée. En ce qui concerne les apparitions au sein de l’EHPAD, les témoignages tels qu’ils sont relatés font gentiment froid dans le dos, au point qu’on a parfois l’impression de lire une histoire tirée du podcast Les nouilles rampantes. Même si le texte se balade par moments sur le territoire du new age et de la pseudoscience (ce qui est un peu troublant), l’autrice ne prend pas position et n’est pas là pour juger. Elle tient surtout à saisir ce dont les habitants du coin se souviennent, les circonstances du décès des fillettes, qui étaient leurs parents. Elle réalise vite qu’une sorte d’amnésie générale règne, ce qui naturellement l’intrigue et la pousse à creuser le sujet. Je ne suis pas tout à fait sûr du propos exact de ce livre, mais il est touchant par certains égards et les descriptions du village sont criantes de réalisme. Je déplore certes la présence de quelques coquilles surprenantes, mais ne chipotons pas.

Sortie : 2024