
Après son premier roman Ironopolis sur lequel je lorgne depuis quelques temps, le Britannique Glen James Brown a sorti son deuxième roman en 2024 : L’histoire de Mother Naked, dont le récit se déroule au XVe siècle dans le nord de l’Angleterre. On est tout de suite mis dans le bain grâce au narrateur, le ménestrel Mother Naked, qui s’adresse à une assemblée de nobles et de marchands réunis pour leur fête annuelle dans la petite ville de Durham. C’est qu’il a une histoire à leur raconter : celle du Spectre qui a terrorisé et causé la perte du village de Segerston, non loin de là, quelques décennies plus tôt. Mais pour en arriver là, il faut revenir un peu en arrière. Raconter le quotidien des serfs harassés par des récoltes épuisantes et parfois bien maigres, les conflits entre familles et les lois immuables (vraiment ?) qui les maintiennent dans leur condition.

Et aucun doute : Mother Naked sait tenir son public en haleine, avec son style rythmé, son langage fleuri et ses pauses savamment calculées. Il le chatouille un peu aussi, avec sa façon d’interroger les rapports de pouvoirs et ses occasionnelles piques contre l’Eglise. Puis vient le moment où les pièces commencent à s’assembler et où on réalise qu’aucun élément de son histoire n’est là par hasard. La tension monte alors d’un cran et on attend le dénouement avec une certaine gourmandise, non sans se délecter de la suite de son monologue. C’est un roman admirablement construit, très réussi et prenant de bout en bout. J’ai adoré et j’ai encore plus envie qu’avant de lire Ironopolis.
Titre original : Mother Naked / Sortie originale (anglais) : 2024 / Version française : 2025 (traduction : Claire Charrier)
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