
Violaine Lison m’a appris les rudiments du latin il y a un quart de siècle - environ - et enseigne aujourd’hui le français aux plus littéraires de mon école secondaire. Lequel de nous portera l’autre ?, elle l’a réalisé à partir des carnets de Léonce Delaunoy, jeune séminariste et brancardier dans l’armée belge durant la Première Guerre mondiale, où il a trouvé la mort. Après avoir retranscrit l’entièreté des carnets récupérés, l’autrice distille dans cet ouvrage des extraits choisis, dont elle tisse une histoire étonnante et pleine de sensibilité. J’ai notamment été frappé par la qualité des écrits de Léonce qui, à peine âgé de vingt ans, décrit merveilleusement bien la nature flamande et ses sentiments sans rien cacher rien de l’horreur de la guerre et des tranchées. En y ajoutant sa propre plume, ses réflexions et questionnements, Violaine Lison donne à ces carnets une nouvelle vie de la meilleure des façons.
Sortie : 2025

Hary Mary est une novella d’une petite centaine de pages, suivie d’une interview de l’autrice à la fin de cette édition de la collection RéciFs chez Argyll. Sofia Samatar y raconte la découverte par un petit groupe de femmes d’un buste féminin de robot - bientôt baptisé Hard Mary - puis, grâce à de larges ellipses, à son intégration au sein d’une communauté religieuse du fin fond de la Pennsylvanie. Pour le dire platement, j’ai suivi tout ça de loin sans trop m’attacher ni aux personnages, ni aux enjeux, ni à grand-chose d’autre. L’interview de fin m’a heureusement éclairé sur certains aspects de l’histoire, comme le penchant très patriarcal de la communauté, qu’on perçoit sans que cela m’ait paru très creusé pour autant. Je crois que je vois plus ou moins ce que l’autrice a voulu faire, mais j’ai bien peur d’être passé à côté de l’essentiel.
Titre original : Hard Mary / Sortie originale (anglais) : 2018 / Version française : 2025 (traduction : Patrick Dechesne)