Couverture de Melmoth Furieux

J’ai été très peu réceptif à Melmoth Furieux. Ce roman aurait pu me plaire, avec son présent alternatif dystopique, sa Commune de Belleville (qui parlera surtout aux Parisiens) barricadée contre un extérieur aussi ravagé que menaçant, la protagoniste Fi - couturière en colère - et les nombreux enfants qui l’accompagnent, sans parler de l’envie bien compréhensible d’aller cramer le parc EuroDisney transformé en épicentre du mal. Dystopie, mais également fantastique tant le rêve et la réalité s’y mélangent (au point de me rappeler Jeff Noon, également édité chez La Volte). Le style de Sabrina Calvo est très travaillé : c’est probablement très beau, ça m’a surtout tenu à distance. Le lyrisme, les symboles partout, les changements de sujet à tout bout de champ et les personnages nébuleux ont été autant de prises glissantes auxquelles je n’ai pu m’accrocher. J’ai scanné le dernier quart à toute vitesse sans plus comprendre grand-chose, en m’en fichant un peu et avec hâte que ça se termine. Tant pis.

Sortie : 2021

Couverture de Je transporte des explosifs on les appelle des mots

Pour animer sa communauté, la vidéaste Marouchka de Qu’est-ce qu’on lit organise chaque mois une activité littéraire. En mars, il s’agissait de sortir de sa zone de confort et mon choix s’est porté sur Je transporte des explosifs on les appelle des mots, recueil de poésie féministe américaine accompagné d’un essai sur la poésie et le militantisme (par la poétesse Jan Clausen). Chaque poème s’y trouve dans sa version originale et sa traduction, ce qui est bien pratique pour profiter de la musicalité de l’anglais tout en saisissant le sens global. Avec une telle variabilité de styles (24 autrices sont représentées : Audre Lorde, Adrienne Rich, bell hooks, Doroty Allison, Mohja Kahf,…), tout ne m’a évidemment pas touché pareil, mais j’ai dans l’ensemble passé un bon moment de lecture, moi qui n’ai pas du tout l’habitude de lire de la poésie. L’essai est, lui, très spécifique aux années 70 et j’avoue volontiers l’avoir un peu survolé par instants, mais il comporte des passages intéressants sur les liens entre poésie et militantisme politique et donne parfois l’impression que les choses n’ont pas tellement changé en cinquante ans.

Sortie : 2019 (traductions : Oliv Zuretti, Meghan McNealy, Charlotte Blanchard, Gerty Dambury et le Collectif Cases Rebelles)