Sweet Harmony - couverture

Dans cette novella publiée dans la collection Une Heure-Lumière, l’écrivaine britannique Claire North (qui a entre autres écrit la dystopie 84K et le cycle de La maison des jeux) invente un futur dans lequel les corps et les esprits sont entièrement pris en charge par des nano-technologies. Quand cette histoire commence, Harmony, au corps si parfait, a la mauvaise surprise de trouver un bouton sur son visage : en défaut de paiement, elle apprend alors que ses précieux nanos sont sur le point d’être désactivés par son fournisseur. Comment en est-elle arrivée là ? C’est ce qu’on découvre dans ce Sweet Harmony d’une froideur clinique, qui décrit notamment un mécanisme d’emprise et le piège d’une société technologique complètement dérégulée dans laquelle se construire un corps et un mindset de rêve est possible, à condition d’y mettre le prix. J’ai trouvé ce court roman très réussi, ce qui n’est pas très surprenant de la part de Claire North.

Titre original : Sweet Harmony / Sortie originale (anglais) : 2020 / Version française : 2024 (traduction : Michel Pagel)

La Machine - couverture

René Belletto est un auteur âgé aujourd’hui de 80 ans et surtout connu pour ses polars. Avec La Machine, il s’attaque en 1990 à la science-fiction, avec l’histoire d’un psychiatre décidé à se mettre littéralement dans la tête de son patient, un psychopathe tueur de femmes. Or la machine qu’il a construite pour lui permettre d’y parvenir fonctionne trop bien et intervertit les corps des deux hommes, situation dont le patient va profiter tant qu’il peut. Crevons l’abcès tout de suite : je trouve que ce roman a très, trop, beaucoup trop vieilli. La misogynie, consciente ou non, qui s’en dégage, est étouffante. Les femmes y sont des objets faire-valoir, jetables et hyper sexualisés. Aujourd’hui, on traite heureusement la thématique des féminicides avec moins de légèreté (sans même parler de certaines scènes impliquant un enfant, oof). Certes, l’intrigue est efficace et on perçoit bien la situation insupportable du protagoniste (qui n’est pas tellement moins détestable que son remuant patient), mais je crois bien m’être senti beaucoup plus mal à l’aise que ce que l’auteur imaginait.

Sortie : 1990