
Il existe en France, à Saint-Denis, un établissement - à la fois école et pensionnat - réservé aux descendantes de décorés de la Légion d’Honneur. Lucile Novat y situe les événements d’un premier roman rempli d’adolescentes, parmi lesquelles les quatre protagonistes Adèle, Yas, Suzanne et Lou, dont on explore le quotidien et une partie de la vie. En plus de ces ados qui viennent généralement de familles privilégiées, on suit la jeune surveillante Vanessa, elle plutôt issue d’un milieu populaire, pleine d’affection pour ses ouailles et toujours un peu surprise d’avoir décroché ce job étrange (qui nécessite de dormir sur place) pour financer ses études. Soyons pourtant prudents : par son nom même, Voir venir semble vouloir nous prévenir de quelque chose. On parcourt ainsi les moins de 200 pages de ce petit roman au parfum gothique en retenant notre souffle. L’autrice, par ailleurs enseignante, dépeint ses personnages avec un amour débordant et écrit, disons-le, merveilleusement bien.
Sortie : 2026

Je conserve un bon souvenir du premier roman d’Adeline Dieudonné, La vraie vie, qui a quelque chose percutant. Kérozène est différent : il se présente comme un roman mais ressemble davantage à un fix-up, un assemblage de nouvelles auxquelles une cohérence a été donnée après coup. L’autrice belge y raconte un pan de vie de quinze personnes (dont un cheval et un cadavre) qui se croisent à 23h12 dans une station-service. Les histoires sont pour la plupart trash et crues, à un point que ça m’a parfois semblé un peu forcé. Au fond, c’est un livre qui me laisse perplexe. Certaines “nouvelles” fonctionnent bien (comme le récit absurde d’une femme qui, à force d’incapacité à dire non, se retrouve dans des positions si inconfortables que c’en est drôle), mais l’ensemble me paraît un tantinet inégal. Reste que ça se lit facilement et plutôt agréablement, avec une note de dégoût plus ou moins prononcée selon les textes.
Sortie : 2021