
À un moment où je me prends à vouloir découvrir davantage la musique classique, Soli Deo Gloria tombe à point. Cette BD de 280 pages (qui pèse son poids) commence au XVIIIe siècle dans la campagne du Saint-Empire avec la naissance des jumeaux Hans et Helma, immédiatement inséparables. Rapidement, ils sont attirés par la musicalité de leur environnement, à commencer par le chant des oiseaux. Nous suivons leur jeunesse agitée, souvent violente et dramatique, d’un bled rural aux fastes de l’Italie en passant par un rude orphelinat et le château d’un chef de guerre. Chacune de ces étapes est un jalon de leur apprentissage musical et une façon d’appréhender leur complicité en la mettant à l’épreuve.

Le dessin d’Edouard Cour, en noir et blanc parsemé de touches de couleurs pour signifier la musique, est superbe. Chaque case est une petite œuvre en soi (sans même parler des quelques doubles pages). Le scénario de Jean-Christophe Deveney se découpe en chapitres bien délimités, qui donnent un rythme efficace à l’histoire et nous permettent de voir les jumeaux mûrir et leurs caractères s’affirmer (pour le meilleur et pour le pire). Il y a bien quelque chose qui m’a rendu perplexe : les noms des personnages et lieux historiques ont été modifiés, tout en restant reconnaissables. Peut-être s’agit-il d’un moyen d’insister sur l’aspect fictionnel de cette histoire. Hans et Helma n’ont pas vraiment étudié sous la houlette de Vivaldi, ils ne sont pas réellement allés à Amsterdam. De toute façon ce n’est pas si important. Soli Deo Gloria est un très bel hommage à la musique, classique ici, mais aussi dans son ensemble.

Sortie : 2025