
Une librairie spécialisée dans l’imaginaire pas très loin de chez moi propose à la vente les petits bouquins des éditions 1115, ce qui m’a permis d’y piocher ce Traduction vers le rose pour préparer un club de lecture consacré aux couleurs (c’est déjà là que je m’étais procuré Au cœur des méchas). Le concept : un royaume confronté à une vague de froid terrible est au bord de l’effondrement. On découvre alors que les personnes dites “insensibles”, qui ne ressentent par exemple pas la douleur, sont aussi capables de “traduire” le froid en chaleur. Ce phénomène passe par un mécanisme dont je n’ai honnêtement pas compris grand-chose, si ce n’est qu’il implique une espèce de cuillère creuse et du papier peint rose. J’ai par contre bien saisi que leur don, précieux, les rend indispensables et par conséquent traquées à travers le pays.
Cette novella de l’autrice française Esmée Dubois (dont c’est le premier livre) nous fait enchaîner divers points de vue, avec des protagonistes qui sont principalement des femmes (dans un royaume aux airs de matriarcat). L’écriture d’Esmée Dubois pourrait presque tenir du conte, en cela qu’elle met ensemble des éléments qui n’ont a priori aucun rapport entre eux : la traduction et la température, les plantes et la parole (là-bas, une pépinière est aussi une bibliothèque). Cela aurait par ailleurs pu me lasser dans un texte plus long, mais le récit m’a au contraire surpris en abordant peu à peu des enjeux de domination que je n’avais pas forcément vus venir, lui donnant une profondeur supplémentaire. Je suis content d’avoir donné sa chance à ce petit livre et je testerai sûrement d’autres ouvrages de cette maison d’édition.
Sortie : 2023