Club de lecture - Couleurs

Avec l’arrivée de l’automne, la lumière change et les arbres se parent d’orange. Pour le club de lecture du mois, le thème n’était autre que : les couleurs. Comme d’habitude, à nous d’interpréter cela librement. De mon côté, j’ai très vite fait une fixette : il s’agissait de choisir des titres avec une couleur dedans (et si possible pas deux fois la même, parce que c’est comme ça, je m’impose des règles). J’ai ainsi choisi trois livres : un récit de non-fiction, un recueil de nouvelles et un court roman. Rouge. Une évidence : La fin de l’homme rouge m’a profondément marqué et c’est peut-être bien mon livre préféré. Je le relirai sûrement un jour, malgré ses presque sept-cents pages, mais je dois d’abord terminer tous les autres livres de Svetlana Alexievitch. J’ai déjà parlé de celui-ci ici il y a quelques années et à vrai dire je n’ai pas grand-chose à ajouter. Alors plutôt que de palabrer pour ne rien dire, voici plutôt un extrait. C’est une dénommée Marina Tikhonovna Issaïtchik qui parle : “À quoi ça sert de penser à tout ça, maintenant ? C’est comme ramasser des clous après un incendie. Tout a brûlé. Toute notre vie… Tout ce qu’on avait a disparu… On a construit, construit… Sacha, lui, il était allé dans les terres vierges, il avait bâti le communisme là-bas. L’avenir radieux. Il disait qu’en hiver, ils couchaient sous la tente sans sac de couchage. Tout habillés. C’est là-bas qu’il a eu les mains gelées. Mais il était quand même fier ! “La longue route serpente… Salut à vous, terres vierges !” Il avait sa carte du Parti, une carte rouge avec Lénine, il y tenait beaucoup. Il a été député et stakhanoviste, comme moi. La vie a passé, elle a filé à toute allure. Il en reste plus rien… Aucune trace.” ...

11.10.2026

Notules (4) - Denis Colombi, Adèle Yon

En matière de méchas, mon expérience se limite à Pacific Rim au cinéma et à de vagues souvenirs de Goldorak quand j’étais tout petit. Tout le contraire de Denis Colombi, qui connaît ses classiques et qui est aussi sociologue, raisons pour lesquelles ce tout petit roman (moins de 100 pages) a attiré mon attention. Au coeur des Méchas est écrit sous la forme du témoignage d’une mécano, qui nous raconte ce que ça fait de bosser à bord de ces géants de tôles conçus pour repousser des monstres extra-terrestres dans des batailles titanesques, mais anonymement, à l’ombre des pilotes célébrés en héros. L’envers du décor, en somme, et les questionnements qui vont avec. Un petit bouquin très malin qui se lit à peu près d’une traite en mêlant habilement réflexion sociale et grosses tatanes sur des monstres de l’espace. ...

20.07.2025