La galaxie vue du sol - Becky Chambers

La série de romans Les Voyageurs de Becky Chambers est aujourd’hui considérée comme un classique de la science-fiction optimiste et inclusive. Les trois premiers tomes (L’espace d’un an, Libration et Archives de l’Exode) m’ont frappé par leur intelligence, leur imagination et leur manière d’explorer les relations entre espèces radicalement étrangères. La galaxie vue du sol est le quatrième et dernier livre de la série, dont les épisodes peuvent par ailleurs se lire indépendemment les uns des autres. Cette histoire nous emmène sur la petite planète Gora, peu avenante mais située à un carrefour de routes spatiales et qui accueille donc essentiellement des voyageurs en transit. L’Auberge des Cinq-Sauts reçoit aujourd’hui plusieurs hôtes très différents : Pei (une aéluonne), Roveg (un quélin) et Haut-Parleuse (une akarak, espèce à la mauvaise réputation). Ouloo, une laru, fait son possible pour rendre son auberge confortable pour un maximum d’espèces différentes aux besoins variés et parfois contradictoires. ...

19.10.2026

Mes petits préférés de 2023

Chaque fin d’année, j’aime revenir sur certains livres qui m’ont accompagné tout au long des douze derniers mois. Et comme d’habitude, leur année de parution n’a aucune importance. La séquence Aardtman, de Saul Pandelakis. Magistral. Il faudra bien que ce roman soit traduit, qu’il quitte l’univers francophone pour s’offrir à d’autres horizons linguistiques. En attendant, je suis content d’avoir eu la chance de découvrir ce livre, qui représente tout ce que j’aime dans la science-fiction et dans la littérature en général. Dans la maison rêvée, de Carmen Maria Machado. Marquant. Par sa forme, bien sûr, car chaque court chapitre est rédigé “à la manière de” (d’un roman noir, d’un livre dont vous êtes le héros…), bondissant de style en style. Mais aussi, surtout peut-être, marquant sur le fond. C’est une autobiographie, et plus particulièrement le récit d’une relation abusive. L’autrice y raconte comment sa compagne de l’époque a progressivement fait de sa vie un enfer. C’est un livre à la fois subtil, riche et implacable. ...

26.12.2023

Bilan de mars 2021

Littérairement parlant, c’est La volonté de se battre, troisième tome de la série Terra Ignota, qui m’a surtout occupé ce mois-ci. J’ai déjà évoqué ailleurs mon attachement tout particulier à cette série écrite par Ada Palmer, qui a réussi à construire un univers complexe et fascinant porté par une narration du même niveau. Trop semblable à l’éclair, premier tome de la série, m’a diverti du premier confinement ; Sept Redditions, sa suite, m’a sorti d’un été aux allures de drôle de guerre caniculaire. La volonté de se battre m’a-t-il fait oublier la montée de la troisième vague ? Et bien oui, merci. L’histoire avance, toujours portée par un narrateur dont on se demande tout de même parfois s’il ne joue pas volontairement avec nos pieds ou s’il n’est pas en train de complètement perdre les pédales. Ces facéties narratives nécessitent une véritable implication, mais sont pour moi un vrai plaisir. Qu’importe au fond si le narrateur est fou, j’ai envie de savoir ce qu’il veut me raconter et ce qu’il perçoit de son monde. Force est parfois d’admettre que quelques longueurs et flous artistiques peuvent rebuter les lecteurs et lectrices qui ne seraient pas d’emblée subjugués par l’univers décrit, mais ça ne m’empêchera pas de continuer à en parler à tout le monde avec des étoiles dans les yeux. ...

31.03.2021