Notules (15) - Sabrina Calvo, Collectif

J’ai été très peu réceptif à Melmoth Furieux. Ce roman aurait pu me plaire, avec son présent alternatif dystopique, sa Commune de Belleville (qui parlera surtout aux Parisiens) barricadée contre un extérieur aussi ravagé que menaçant, la protagoniste Fi - couturière en colère - et les nombreux enfants qui l’accompagnent, sans parler de l’envie bien compréhensible d’aller cramer le parc EuroDisney transformé en épicentre du mal. Dystopie, mais également fantastique tant le rêve et la réalité s’y mélangent (au point de me rappeler Jeff Noon, également édité chez La Volte). Le style de Sabrina Calvo est très travaillé : c’est probablement très beau, ça m’a surtout tenu à distance. Le lyrisme, les symboles partout, les changements de sujet à tout bout de champ et les personnages nébuleux ont été autant de prises glissantes auxquelles je n’ai pu m’accrocher. J’ai scanné le dernier quart à toute vitesse sans plus comprendre grand-chose, en m’en fichant un peu et avec hâte que ça se termine. Tant pis. ...

27.03.2026

Notules (9) - Alastair Reynolds, Marcia Burnier

Isolé dans une station de recherche sur Mars, John Renfrew constate que la Terre ne répond plus et qu’il est probablement le dernier de son espèce. Pour ne pas devenir fou, il discute avec l’hologramme du système de divertissement de la station (qui a pris la forme d’un pianiste excentrique) et décide d’apprendre tout ce qu’il peut sur la cosmologie, la physique et l’univers. Un pitch ma foi réjouissant pour ce roman court de la collection Une Heure-Lumière, sachant que le Britannique Alastair Reynolds est un de ces auteurs capables de susciter l’émerveillement en quelques phrases. En partant de prémisses pourtant déjà vues (le coup du colon abandonné sur sa planète, on connaît), De l’espace et du temps a réussi à me surprendre par sa légèreté de ton et par son ambition de nous envoyer très loin des basses considérations martiennes. ...

05.10.2025

Viendra le temps du feu - Wendy Delorme

Avec ce roman sorti en mars de cette année, Wendy Delorme prend d’abord le temps d’installer un monde d’une noirceur d’encre : une dystopie fermée, étouffante et a priori sans espoir, qui rappelle par moments La servante écarlate de Margaret Atwood. Alors que nous faisons connaissance avec leur univers, les protagonistes évoquent des souvenirs d’un temps qui valait (encore) la peine d’être vécu, rendant le présent d’autant plus insupportable. La proximité avec ce qui agite notre époque est par ailleurs flagrante : l’autrice n’a fait que pousser quelques curseurs un peu plus loin et installé les forces conservatrices les plus crasses au pouvoir, sur fond d’effondrement climatique. Mais ce roman n’est pas que sinistre : il réserve en effet de superbes passages, emplis d’amour et de sensualité. Sa lecture est de plus facilitée par un découpage en courtes sections de quelques pages seulement, grâce auxquels nous passons sans arrêt d’une narratrice à une autre. Bien sûr, l’opportunité de se plonger dans une dystopie est peut-être discutable en ces temps compliqués. Toutefois, Viendra le temps du feu comporte, en son cœur même, une solide dose de résistance (notamment féministe et LGBT+), qui en fait tout l’intérêt, nous permet d’envisager l’utopie et de respirer alors que nous frôlons l’asphyxie. ...

07.04.2021