Bilan à mi-année 2026

Je découvre le “Mid-Year Book Freak Out Tag”, terme barbare derrière lequel se cache la tradition de dresser une sorte de bilan livresque à mi-année en répondant à une série de questions. Vu que nous sommes déjà en août, je me limite volontairement aux livres lus jusque fin juin. 1. Meilleur livre lu jusque maintenant ? J’ai vraiment eu un coup de cœur pour L’histoire de Mother Naked, de Glen James Brown, et l’incroyable monologue de ce ménestrel taquin. Je me demande si un autre livre arrivera à lui ravir cette place d’ici la fin de l’année (je me le souhaite). 2. Meilleure suite ? Ça se joue entre Promotion funeste (second tome de la saga Scholomance de Naomi Novik) et La Miséricorde de l’ancillaire de Ann Leckie, et c’est clairement ce dernier qui l’emporte. J’ai beaucoup aimé cette conclusion aux Chroniques du Radch, splendide démonstration qu’il est carrément possible d’écrire de la science-fiction pertinente et exigeante de nos jours (c’est pas comme si j’avais spécialement besoin qu’on me le rappelle et les exemples ne manquent pas, mais ça fait toujours plaisir). ...

05.08.2026

Sur les ossements des morts - Olga Tokarczuk

Madame Doucheyko vit dans un petit hameau de quelques habitants en Pologne, près de la frontière tchèque. Retraitée mais loin d’être inactive, elle donne des cours d’anglais quelques heures par semaine, surveille les maisons de ses voisins absents pendant les rudes hivers polonais, se passionne pour l’astrologie et aide un ami à traduire de la poésie. Une nuit, elle découvre un de ses voisins mort, étranglé chez lui par un os de biche. Le défunt était un braconnier notoire. Quelques temps plus tard, un second décès survient : un chasseur, cette fois, visiblement assassiné. Troublée, Madame Doucheyko en vient à se demander si les animaux n’auraient pas crié vengeance. Olga Tokarczuk n’est pas prix Nobel de littérature pour rien et Sur les ossements des morts brille sur de nombreux points. Avec sa thématique autour de la chasse et son lien ambigu avec la nature environnante, il m’a rappelé Aliène, de Phoebe Hadjimarkos Clarke. Son ambiance est unique, à la fois paisible et doucement inquiétante, entre le fantastique brumeux et le polar bien concret. Sans isoler ses personnages du monde extérieur, l’autrice réussit à faire planer sur eux une menace sourde. Le récit avance de saison en saison au rythme de la protagoniste, parcourant la région tantôt à pieds tantôt au volant de son fidèle Suzuki Samurai. Madame Doucheyko, opiniâtre, est un personnage éminemment sympathique qui réussirait presque à me faire tolérer l’astrologie. Je suis bien content d’avoir enfin découvert ce roman d’Olga Tokarczuk. J’en lirai d’autres. ...

14.02.2026