Club de lecture - Couleurs

Avec l’arrivée de l’automne, la lumière change et les arbres se parent d’orange. Pour le club de lecture du mois, le thème n’était autre que : les couleurs. Comme d’habitude, à nous d’interpréter cela librement. De mon côté, j’ai très vite fait une fixette : il s’agissait de choisir des titres avec une couleur dedans (et si possible pas deux fois la même, parce que c’est comme ça, je m’impose des règles). J’ai ainsi choisi trois livres : un récit de non-fiction, un recueil de nouvelles et un court roman. Rouge. Une évidence : La fin de l’homme rouge m’a profondément marqué et c’est peut-être bien mon livre préféré. Je le relirai sûrement un jour, malgré ses presque sept-cents pages, mais je dois d’abord terminer tous les autres livres de Svetlana Alexievitch. J’ai déjà parlé de celui-ci ici il y a quelques années et à vrai dire je n’ai pas grand-chose à ajouter. Alors plutôt que de palabrer pour ne rien dire, voici plutôt un extrait. C’est une dénommée Marina Tikhonovna Issaïtchik qui parle : “À quoi ça sert de penser à tout ça, maintenant ? C’est comme ramasser des clous après un incendie. Tout a brûlé. Toute notre vie… Tout ce qu’on avait a disparu… On a construit, construit… Sacha, lui, il était allé dans les terres vierges, il avait bâti le communisme là-bas. L’avenir radieux. Il disait qu’en hiver, ils couchaient sous la tente sans sac de couchage. Tout habillés. C’est là-bas qu’il a eu les mains gelées. Mais il était quand même fier ! “La longue route serpente… Salut à vous, terres vierges !” Il avait sa carte du Parti, une carte rouge avec Lénine, il y tenait beaucoup. Il a été député et stakhanoviste, comme moi. La vie a passé, elle a filé à toute allure. Il en reste plus rien… Aucune trace.” ...

11.10.2026

Un livre par jour pendant cinq jours

Jour 1. Outrage et rébellion - Catherine Dufour (2009) - Dans cette histoire, Catherine Dufour nous raconte la naissance aussi jouissive que douloureuse d’un mouvement punk dans une Chine du XXIVème siècle. On n’y trouve pas une narratrice unique, mais toute une série de voix, avec leur vécu propre et leur sensibilité. A nous de faire sens au milieu de ce chaos. J’ai appris bien après l’avoir lu, et adoré (c’est encore aujourd’hui un de mes livres préférés), qu’il était grandement inspiré de Please Kill Me : l’histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs, dont le titre dit à peu près tout. Jour 2 - La Fin de l’homme rouge - Svetlana Alexievitch (2013) - Il y a deux ans, j’ai pris ce pavé comme une claque dans la face. Svetlana Alexievitch y donne la parole aux témoins de la fin de l’Union soviétique : on y lit leur vécu, leurs pensées, leurs peurs, leur colère, leurs souvenirs, leurs espoirs. Des histoires parfois bien différentes les unes des autres et pourtant liées par un thème : comment fait-on pour gérer la fin brutale d’un monde dans lequel on a toujours vécu, un changement dont l’impact se ressent sur toutes les strates de la société ? Comment, au niveau individuel, se faire aux nouvelles règles du jeu ? Je ne suis vraiment pas prêt de l’oublier. ...

30.04.2020