Notules (18) - Thomas Gunzig, Naomi Novik

J’aime bien Thomas Gunzig et j’ai commencé Rocky, dernier rivage distraitement, sans savoir à quoi m’attendre. Si j’ai vite reconnu son style acéré, je n’avais pas vraiment prévu de me manger une telle rafale de désespoir et de noirceur. L’auteur bruxellois y met en scène une famille de multimillionnaires propriétaires d’une île privée entièrement équipée pour tenir en autonomie dans le grand luxe pour des décennies. Lorsque les choses tournent mal du côté de la civilisation, le couple et ses deux enfants s’y réfugient avec deux domestiques (ces derniers étant les seuls personnages vraiment sympathiques de cette histoire : les autres inspirent soit la pitié, soit le mépris). Et les voilà donc là, seuls, pour une expérience post-apocalyptique tout confort. Bientôt, plus aucun contact de l’extérieur ne leur parvient. Comment va bien pouvoir se comporter une famille de riches gâtés laissée à elle-même ? La lecture - tendue - qui en résulte ne favorise pas un sommeil serein. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que Thomas Gunzig a en partie écrit ce roman pour exorciser la pandémie de covid et les inégalités criantes qu’elle a révélées. ...

21.05.2026

En juin, un polar (et le reste)

J’ai célébré la première vague de chaleur de cet été cette fin de printemps par un polar mexicain, La vie même, signé Paco Ignacio Taibo II. Un roman sympathique dans lequel un chef de la police auteur de romans policiers s’emploie au moins autant à résoudre le meurtre d’une Américaine, qu’à garder vivante la flamme de la gauche à Santa Ana, “ville rouge”. Avec l’aide de ses adjoints et de divers responsables aux méthodes parfois originales, il fait face comme il peut aux assauts du parti gouvernemental, le PRI (qui, comme je l’ai appris pour l’occasion, était hégémonique au Mexique dans les années 80). Comme l’écrit lui-même le protagoniste dans ses notes : “Il s’agit d’un roman avec de foutus crimes, mais l’important ce ne sont pas les crimes, c’est (comme dans tout roman policier mexicain) le contexte.” ...

01.07.2021

Lectures favorites de 2020

C’est l’heure des bouquins de l’année ! Je me suis imposé d’en choisir dix (en trichant juste un peu) et les ai classés arbitrairement pour le plaisir. 1. “Trop semblable à l’éclair”, par Ada Palmer (2016) et “Sept redditions”, par Ada Palmer (2017) : double prix de l’amour inconditionnel pour les deux premiers tomes de la saga Terra Ignota, d’une inventivité folle et qui m’ont transportés comme rarement en cette année où c’était plutôt nécessaire. 2. “Au bal des absents”, par Catherine Dufour (2020) : un roman que je qualifierais de fantastique social enragé. C’est génial. 3. “Mémoire de fille”, par Annie Ernaux (2016) : un exercice de mémoire frappant de justesse, rempli de réflexions sur le processus et le sens de l’écriture autobiographique. ...

28.12.2020