Top lectures de 2025

C’est l’heure du bilan d’une année encore une fois pleine de lectures en tous genres. Alors, comme d’habitude, allons-y pour les livres qui m’ont le plus marqué cette année, sans classement, qu’ils soient récents ou anciens. On commence avec cinq romans, parce qu’il faut bien choisir : Les champs de la Lune, de Catherine Dufour : une merveille de science-fiction tantôt onirique tantôt énervée. Le Livre des comptes, de Martin Mongin : une folie furieuse fantasmagorique avec des poules. Proletkult, de Wu Ming : un tableau surprenant de l’Union soviétique des années 1920, entre utopie et désillusions. Aliène, de Phoebe Hadjimarkos Clarke : ou le malaise d’être isolée à la campagne avec une chienne clônée, des chasseurs remuants et un sociologue. Conquest, de Nina Allan : une enquête à travers des théories du complot bizarres et beaucoup de musique classique. On continue avec deux essais : ...

30.12.2025

Le grand vide - Léa Murawiec

Manel Naher vit dans une ville étouffante. Si chacun y exhibe son nom pour ne pas être oublié, c’est parce que la mort sociale y coïncide avec la mort biologique. Peu sociable, elle trouve refuge dans une bouquinerie et rêve de s’en aller avec un de ses rares amis. Quand une chanteuse homonyme explose avec son nouveau single, occupant l’esprit de tout un tas de gens qui auraient plutôt pu penser à elle, les conséquences sont concrètes et rapides : crise cardiaque. Le traitement prescrit est clair : il est temps d’exister, de renforcer sa “présence” à tout prix. Cette histoire bizarre imaginée par la française Léa Murawiec a déjà beaucoup pour me plaire telle quelle, mais alors ce dessin, ohlala. C’est vif, expressif et bourré d’idées. Le choix des couleurs est radical : pour l’essentiel noir (ou plutôt bleu) et blanc, complété d’un fort joli rouge pour les décors urbains. C’est peu dire que Léa Muraviec maîtrise son sujet et a digéré de multiples influences, de la BD franco-belge au manga, en passant par la BD indépendante et les courants les plus expérimentaux. L’autrice joue à sa guise avec l’agencement des pages, donne une consistance physique aux phylactères ou déforme les corps. Pour autant, cela ne nuit en rien à la lisibilité du récit, qui reste central. ...

19.04.2025